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Boscéaz-Mosaïques

Datation
La première installation humaine sur le plateau de Boscéaz a été attestée dès l'époque du Néolithique (1er tiers du IVe millénaire avant J.-C.).
Le premier établissement gallo-romain a été daté de la seconde moitié du premier siècle après J.-C. Le deuxième établissement gallo-romain daterait lui du dernier quart du IIe après J.-C. ; il s'agit là de la grande villa aux Mosaïques.
La villa gallo-romaine de Boscéaz a été occupée jusqu'à la fin du IIIe siècle après J.-C. Il semblerait que le départ du site ne puisse être imputé aux invasions barbares qui déferlaient à l'époque sur notre région. Les habitants sont partis en emportant leur mobilier et aucune trace d'incendie généralisé n'a pu être trouvée sur le site.
 

 

Le site a été partiellement occupé aux IVe et Ve siècles. En effet, la fouille du temple dédié à Mithra (le mithreaum), voisin de la villa, a prouvé qu'il était fréquenté durant cette période.

Contrairement aux idées véhiculées par les archéologues du 19ème siècle, le site de Boscéaz n'a jamais été une ville romaine. Ils ont été abusés par le système d'égout de la villa qui pouvait laisser supposer un réseau routier. Urba n'était représentée que par la villa gallo-romaine de Boscéaz et quelques habitations situées aux Granges (au bas de la ville actuelle)

Etymologie
La théorie qui faisait dériver 'Urba' du latin urbs, urbis (qui signifie la grande ville, en fait Rome seulement) est depuis longtemps tombée en désuétude, de même que l'interprétation pour le moins loufoque remontant à une racine signifiant "vache". Urba, plus tard Orba puis Orbe, puiserait son origine dans le nom de la rivière L'Orbe. En effet, les cours d'eau semblent porter des noms très anciens, de l'époque celtique ou même préceltique, et de nombreux sites leur ont emprunté leur dénomination. 

Réseau routier des environs
Axe nord-sud
Bassin lémanique - Rhin via Yverdon et Soleure en longeant le bord occidental de la Plaine de l'Orbe.
Axe est-ouest
Italie - Gaule du Nord via Grand-St-Bernard et Pontarlier par le col de Jougne

La villa gallo-romaine de Boscéaz
Tout d'abord, il nous faut préciser qu'à l'époque romaine le terme 'villa' désignait un établissement agricole.
Dimension de la villa :
La partie agricole (pars rustica) était ceinte d'un mur extérieur de 420 m x 370 m. La maison proprement dite (pars urbana) s'appuie sur un mur artificiel de 300 m pour une largeur de 100 m. Les dimensions de cette villa dépassent la moyenne des établissements similaires connus. De plus, la superficie du complexe résidentiel est important par rapport à la superficie du complexe agricole. Ce qui laisse à penser que cette villa gérait une importante partie des terrains environnants.
Les matériaux de base proviennent de carrières régionales. Les fragments architectoniques viendraient en partie de la carrière de la Lance et sont en calcaire du Jura. L'on trouve également des fragments de marbre d'origine valaisanne et de la région de Carrare.

Lors des fouilles entreprises par l'Université de Lausanne depuis 1986, la part urbana a été presque entièrement mise à jour et a fait apparaître des thermes, chauffages au sol (hypocauste), foyers, latrines, murs parfaitement maçonnés, etc. Il est à regretter que, pour des raisons d'ordre financier, toutes ces excavations sont à nouveau recouvertes de terre à l'issue de chaque campagne de fouilles. Par conséquent, il est impossible de montrer au public ces superbes fondations.

 

Quelques découvertes de 1993 et plus tard :
– néolithique (2500 av J.-C.) ; un biface en silex
– âge du Bronze (2000 av. J.-C) ; tombes d'enfants
– tène ancienne - second âge du fer (300 av J.-C.) ; silo à grains et divers matériel agricole
– une nouvelle mosaïque (numéro 9)
– en 1996 d'un temple paléo-chrétien ou, éventuellement, d'un temple dédié à Mithra (en cours d'études)

Quelques mosaïques
Mosaïques numéro 4 : 
Triton 
Cette superbe mosaïque a été victime de déprédations. D'après une lithographie de 1845, ce magnifique pavement se trouvait en excellent état lors de sa découverte cette même année. L'année suivante, il a été entièrement détruit (sauf quelques médaillons) et ce, vraisemblablement, sur ordre de M. Von Bonstetten, archéologue amateur de l'époque.

Mosaïques numéro 5 : labyrinthe
Lors de sa découverte en 1845, on pouvait y reconnaître au centre la tête d'un jeune homme et d'un taureau, ceci selon une lithographie de l'époque. Ce qui permet de supposer qu'elle représente une scène célèbre de la mythologie ; Thésée et le Minotaure (cf mosaïque du Triton ainsi que la mosaïque numéro 9). Cette mosaïque fut laissée sur place et recouverte de terre. Lors de sa redécouverte en 1930, ces deux têtes n'y figuraient plus.

Mosaïques numéro 6 : cortège rustique
L'interprétation de cette mosaïque n'est pas encore définie : scènes de vie quotidienne - représentation des mois de l'année à travers des activités journalières. On peut relever que le mosaïste s'est appliqué à reproduire les détails (perspectives des roues) alors que la fonction dans l'ensemble est restée floue (fixation des roues au véhicule). La brusque interruption des mosaïques 6 et 7 s'explique par l'implantation de vignes sur ce coteau.

Mosaïques numéro 8 : dite des divinités
13 médaillons : 7 correspondant aux 7 planètes connues des anciens et qui ont donné leur nom aux jours de la semaine : Venus (= vendredi) - Saturne (saturday = samedi) - Sol (sunday = samedi) - Jupiter (= jeudi) - Mars (= mardi) - Mercure (= mercredi) - Luna (= lundi)
Ont peut également y admirer, entre autres, Narcisse - Ganymède (l'échanson des Dieux) - ainsi que diverses scènes de chasse.

 
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